En hommage à notre chère Madame Dajet
Philosophie.... Quelle grande matière, je met ici la meilleure dissertation que j'ai pu faire pendant mon année de terminale... Je l'ai écrite dans des
circonstances qui paraitraient banales si je n'avais pas moi-même inventé le sujet. En épreuve de Bac Blanc de Philosophie, après avoir galéré comme beaucoup d'autres pendant deux bonnes
heures sur les 3 sujets proposés j'ai décidé de faire un 4eme sujet... Bon d'accord, j'avou je ne me suis pas trop mouillé sachant que Dajet corrigé ma copie, donc quitte a se faire chier pendant
encore 2 heures, autant donner dans la fantaisie. Voici ce que ça à donné :
1ES175
23/03/07
Bac Blanc de Philosophie
Sujet N°4 : Les Sujets proposés précédemment sont-ils une fatalité ?
La fatalité est souvent handicapante et démotivante. Un individu qui se retrouve confronté à un fait dont il ne peut pas modifier et améliorer le contenu se retrouve obligatoirement
confronté à la résignation. Celui-ci vit avec, en se disant que de toutes manières, il est condamné à accepter cette fatalité. L'élève qui se retrouve face à ses sujets de philosophie
au baccalauréat et qui n'arrive pas à en dégager une réflexion conséquente, se résigne à réaliser un devoir médiocre duquel il bénéficiera un mérite des plus dérisoirs. Voilà la fatalité
pénalisante, rabaissante et pourtant à première vue irrémédiable. Tout travail doit être payant, c'est pourquoi chacun se résigne à réaliser, à contre coeur très souvent, une activité
contraignante dans le simple but qu'il y ait rémunération. La fatalité du travail apparaît normale et est admise par la plupart des individus. Seulement on peut observer certaines expériences
communautaires qui contredisent cela. Il existe encre des groupes qui ont fait le choix de procéder autrement, retranchés et en marge de la société, ceux-ci subsistent dans une logique
d'a-croissance et de solidarité entre les individus. Ces personnes prouvent que la fatalité n'est pas aussi irrémédiable qu'on le pense et il n'engage que notre propre personne de la
remettre en question. Alors peut-être qu'il est possible de ne pas suivre tête baissée les sois-disantes fatalités que l'on s'impose. Peut-être même qu'il n'existe pas de fatalité absolue et nous
nous limitons nous même dans nos libertés dans un simple but de profit et de réussite. Nous allons donc essayer de démontrer ce qui semble une évidence pour tout le monde, le choix d'un
sujet à notre épreuve de philosophie se limite à ceux proposés ( démonstration un peu paradoxale, il est vrai). Puis dans un second temps, nous chercherons à expliquer la perversité et la
relativité de ce genre de fatalité.
Dans notre situation, la thèse risque d'être dure à articuler car elle rentre en contradiction avec le résultat global de cette dissertation. Toutefois, nous essaierons de
montrer que cette fatalité est admise par une volonté de réussite, puis nous expliquerons le risque que l'on cours si on la remet en question et enfin nous verrons en quoi le non-respect de
cette fatalité peut apparaître comme une pure folie.
Tout d'abord, nous sommes ici dans le cadre d'une épreuve de baccalauréat blanc aussi afin d'assurer une réussite, il faut nécessairement respecter les consignes. Le non-respect de ces
consignes causera d'irrémédiables conséquences que tout le monde n'est pas prêt à assumer. L'élève souhaite réussir son épreuve, ainsi même si il se retrouve face à des sujets qui ne lui
inspirent guère de réfléxions satisfaisantes, il s'oblige à réaliser un travail plus que médiocre afin de préserver une note ridicule mais tout de même supérieure à zéro. Cette fatalité est donc
acceptée par peur de l'échec, une peur tellement forte qu'elle fait négliger à l'élève la notion de plaisir dans son travail, et le pousse à accepter sans aucun rechignement des contraintes peu
payantes.
Donc si on remet cette fatalité des consignes en question, on s'expose à des risques non négligeables. L'échec est l'un des plus craint, personne ne souhaite être un perdant, personne ne
joue ou ne travaille pour perdre. On s'expose également à des sanctions, le non-respect des consignes pouvant être considéré comme un acte rebel par certains et de ce fait un acte inadmissible.
De nombreux personnes n'acceptent pas le raisonnement alternatif qu'ils interprettent comme de l'insolence ou de la provocation.
D'autre part, le fait de ne pas respecter les consignes mais de tout de même réaliser une dissertation apparaît particulièrement stupide. Tout le monde vous dira que tant qu'à obtenir un
zéro au final mieux vaut rendre une feuille blanche, au moins on se donnera moins de mal. Pour la plupart, un travail qui ne paye pas est inutile, ce n'est que du temps et de l'effort perdu.
Ce n'est que pure folie de produire quelque chose dont personne ne voudra, et cela est un comportement encore plus masochiste que le fait de faire un travail déplaisant et contraignant dans le
simple but que celui-ci amène une légère satisfaction une fois réalisé. Car cette fois ci, il n'y a aucune satisfaction à la clé, aucune bonne note, aucun encouragement, juste de
susceptibles sanctions. Et toutefois, la satisfaction est présente, pas dans le résultat qui ne sera ni satisfaisant ni décevant mais dans la réalisation même de cette dissertation inutile.
Nous en arrivons donc à la seconde partie de cette dissertation, où nous allons voir en quoi le non-respect de la fatalité des sujets de ce baccalauréat blanc peut s'avérer
enrichissant et finalement pas si inutile que cela. Nous essaierons de voir comment la satisfaction et le plaisir s'incorporent dans ce projet puis nous tenterons de montrer en quoi l'application
forcenée de ses devoirs contre soi-même peut être traumatisant.
Tout d'abord, reprenons la dernière idée de la thèse qui nous dit que la réalisation de cette dissertation n'est pas payante, voir même dédomagente et donc inutile. Celle-ci n'aboutit à
aucune satisfaction ni aucun plaisir. Et c'est là qu'est l'erreur, le travail ne devrait pas aboutir à une paye qui nous procure du plaisir. Mais le travail devrait être lui-même, directement une
paye et un plaisir. Cette réflexion hédoniste est depuis longtemps étudiée et critiquée, et dans notre société contemporaine où la valeur "travail" est tellement importante, elle est surtout
condamnée. Je ne concidère pas la réalisation de cette dissertation comme un effort gratuit ou une peine perdue, mais comme un plaisir qui m'est surement plus payant que de rendre une feuille
blanche où une dissertation médiocre et décevante. Le fait de dépasser les sujets proposés permet de passer ces quatres heures à la réalisation d'une dissertation qui n'est pas payante par
une note mais payante par la réflexion que celle-ci a permis de développer. Peut-être que cette obsession pour le résultat n'est que le reflet d'un matérialisme omniprésent.
De plus, le fait de sans cesse réaliser des travaux sous le signe de la contrainte peut s'avérer traumatisant. Karl Marx parlait d'aliénation du travail, le travailleur subit un
conditionnement dans son travail et il finit par souffrir de troubles psychologiques voir même physiques. Et on peut se poser la question de la croissance du stress et de la dépression dans notre
société contemporaine... celles-ci pourraient être dues à la survalorisation du travail en tant que cotrainte payante. Le fait que le travail apparaisse comme intermédiaire pour aboutir au
plaisir tant à enchaîné les gens à une existence du "toujours plus de contraintes pour toujours plus de plaisir". Le travail est donc finalement une drogue qui peut devenir nocive si elle n'est
pas assainie.
Voilà cette belle dissertation réalsée en 2heures, je n'est pas eu le temps de conclure, mais Mme Dajet a tout de même appréciée mon ptit travail, puisque après quelques
négotiations, j'ai eu droit à un 8. Comme quoi même un travail inutil peut être payant lorsqu'il est évalué par la bonne personne ! A bon entendeur, salut à vous !